MISSIONNAIRE, HIER ET AUJOURD’HUI: TÉMOIGNAGE DE FRANÇOIS-XAVIER JACQUES

PUBLIÉ LE MERCREDI 10 MARS 2021

Je suis à l’ambassade de Belgique à Bamako au Mali où je rencontre l’ambassadeur que je ne connais pas. Quand il comprend qui je suis, il s’exclame « Ah, c’est vous le missionnaire!« . C’est ainsi qu’ils parlent de moi lorsqu’ils passent en revue la liste des résidents belges au Mali.

Suis-je missionnaire? En tout cas, pas à la manière des premiers missionnaires, des Pères du Saint Esprit (des Spiritains) français. En 1883, ils sont entrés dans ce qui deviendra le Mali. Ayant des missions sur la côte du Sénégal, ils souhaitaient pénétrer plus à l’intérieur du continent. Pour y sauver des âmes, convertir des Africains et créer des communautés chrétiennes. Mais aussi, à la demande de l’autorité coloniale, pour accompagner spirituellement les Français présents dans le pays, fonctionnaires, militaires, ouvriers, commerçants.

Lorsqu’ils arrivaient quelque part, tout était à faire. Entrer en contact avec la population, apprendre la langue, se faire accepter, annoncer Jésus-Christ, faire découvrir la vie chrétienne, former des collaborateurs. Dans ce but, créer des lieux de formation qui deviendront des écoles. Pour aider la population, créer des centres de soins. Avec le temps, participer au développement de la région.

En 1901, les Pères Spiritains transmettent les trois premières paroisses (Kita, Kayes et Dinguira) aux missionnaires d’Afrique, les Pères Blancs. Progressivement de nouvelles paroisses sont créées, mais il faut attendre les années 1950 pour voir des créations plus nombreuses. Avec une double préoccupation: faire connaître Jésus-Christ et contribuer au développement.

Eglise en minorité

70 ans plus tard, les catholiques ne représentent que 1% de la population, répartis en de nombreuses petites communautés dispersées au cœur d’un monde musulman, mais bien vivantes. L’ensemble du clergé diocésain est malien; les « Pères Blancs » et autres religieux sont essentiellement africains. Aujourd’hui, pastoralement, l’Eglise malienne vit par elle-même. Mais malgré des recherches pour devenir financièrement autonome, elle doit encore être aidée par des organismes d’Eglise et des ONG. Une Eglise des périphéries, mais nullement les périphéries de la foi. On y est au cœur de la vie de foi de l’Eglise.

Et moi? J’y ai été vicaire de Mopti de 2003 à 2005 puis curé de Ségué au pays dogon de 2005 à 2008. Actuellement, lorsque le coronavirus me laisse voyager, j’y suis plusieurs mois par an, dans le diocèse de Kayes, aumônier de l’enseignement catholique et vicaire de la paroisse de Kayes.

Missionnaire? Dans le sens des premiers missionnaires? Non. Dans le sens: collaborer ensemble à faire vivre une Eglise locale, chacun avec ses acquis et ses compétences, oui.

François-Xavier JACQUES

Photos: Pierre Cornet

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