Mot de l’évêque: tel un brouillard qui se déchire…

Tel un brouillard qui se déchire…

Chers Frères et Sœurs,

Oserais-je souhaiter une bonne année, après la tragédie qui nous est arrivée en 2020 avec la pandémie du Coronavirus, malgré nos bons vœux du 1er janvier 2020 ? Quel est la portée réelle d’un souhait de nouvel an ? Pure illusion ? Pure superstition ? Peut-être. Les bouquets de gui ne nous ont pas sauvés de la pandémie. Et les prières insistantes non plus…

Au Moyen âge, on commençait l’année nouvelle à Pâques, c’est-à-dire en mars : les mois de septembre, octobre, novembre, décembre nous en rappellent la coutume, puisqu’il s’agissait respectivement du septième, du huitième, du neuvième et du dixième mois de l’année. C’était significatif : l’année nouvelle commençait par le drame de la mort de Jésus et la joie de sa résurrection. « Mors et vita duello conflixēre mirando », dit la séquence de la messe de Pâques : « La mort et la vie se sont affrontées en un duel prodigieux ».

Photo: © Sasin Tipchai @pixabay.com

En début d’année 2021, on pourrait dire la même chose. D’abord nous avons vécu Noël avec la pauvreté de Marie, de Joseph et de Jésus à Bethléem. Pas de flonflon, mais beaucoup d’intensité. Et la liturgie du dimanche de la Parole de Dieu (24 janvier 2021, 3e dimanche ordinaire de l’année B) nous le rappellera bientôt : la Parole de Dieu émerge du drame de la violence : « Après l’arrestation de Jean-Baptiste, Jésus partit pour la Galilée porter la Bonne nouvelle de Dieu » (Mc1,14). C’est donc après la mort brutale du grand prophète Jean-Baptiste que Jésus proclame la Parole de Dieu. Le message de l’évangile se propage sur fond de tragédie et de violence. Il n’empêche que ce message se diffuse jusqu’aujourd’hui, d’une façon renouvelée.

C’est pourquoi j’ai intitulé ma lettre pastorale du 3 novembre 2020 pour le temps du confinement : « Tel un brouillard qui se déchire ». En effet, nous sommes dans le brouillard. Mais une lumière vient déchirer ce brouillard et ouvrir un jour nouveau. Oui, un jour nouveau s’ouvre, malgré les drames vécus. Beaucoup d’entre nous souffrent : de la maladie, de l’épuisement, de l’engagement au service des souffrants, de la crise économique, du poids des responsabilités, des conflits exacerbés, des souffrances passées revenues à la surface, de l’incertitude sur le futur, de la vie paroissiale paralysée, des sacrements interdits d’accès… Notre société va-t-elle en porter les stigmates ? Notre Église va-t-elle être sur le flanc ou relancée de plus belle ?

J’espère vraiment que notre abstinence forcée de célébrations et de rassemblements nous a fait comprendre la valeur sérieuse de ce dont nous avons été privés. Prier ensemble, se retrouver dans la fraternité, ce n’est pas un luxe pour personnes idéalistes ou désœuvrées… C’est une nécessité vitale pour nourrir la vie affective et spirituelle de notre humanité. La prière n’est pas magie, ce n’est pas tenter Dieu pour qu’il nous sauve comme Zorro qui est arrivé ! C’est une ouverture des cœurs à l’Esprit de Dieu qui travaille en nos humanités pour nous sauver en nous inspirant.

Le Rapport sur l’Église catholique en Belgique pour l’année 2019 le montre bien : l’Église est présente à chaque étape de la vie humaine, de la naissance à la mort, pour nous accompagner sur le chemin ardu de la vie, pour en faire un chemin exaltant qui contribue à construire le futur de l’humanité.

Alors osons nous souhaiter les uns aux autres : Bonne année 2021 ! Pas dans un esprit magique, mais dans un esprit de foi ! Peut-être que l’année 2021 sera pire que l’année 2020 ? Le monde est loin d’être pacifié et tranquillisé, il est fragile et précarisé. Mais à travers les épreuves, les esprits ont grandi, les projets se sont affermis, les motivations se sont renforcées. Alors, résistons aux épreuves, et croyons dans le Christ qui est le seul à transformer la mort en vie et le malheur en bonheur. Dans cette foi : Ine bone annèye à turtot !

+ Jean-Pierre Delville, votre évêque

UN « NOUVEAU » SERVITEUR SOURIANT…

Pour le service du Christ et de l’Église, par l’imposition des mains et le don du Saint-Esprit, Mgr Jean-Pierre Delville, Évêque de Liège, a ordonné diacre en vue du sacerdoce Cocou Ignace Ametonou le dimanche 4 octobre dernier en l’église Saint-Martin de Nandrin. Lisez ci-après un écho de la célébration […]

Ignace, un « nouveau » serviteur souriant…

Je n’hésite pas à utiliser ce titre pour évoquer ce jour de fête qui illumina, malgré une météo incertaine, l’église Saint Martin de Nandrin. En effet, ce dimanche 4 octobre, jour de la Saint François d’Assise, Cocou Ignace Ametonou a franchi une étape capitale sur son chemin de service : l’ordination diaconale en vue du presbytérat.

Longtemps, ses « oui, je le veux ! » et son « je le promets ! » résonneront dans les cœurs de la nombreuse assemblée que les incontournables mesures sanitaires n’avaient pas réussi à décourager.

Dès l’entrée de Monseigneur Delville, précédé des prêtres et diacres conviés à l’assister, chacun et chacune fut saisi par cette ferveur si particulière à toutes célébrations d’ordination. Cette ferveur, cette « prise à la gorge », connut son apothéose lors de la « litanie des Saints » ; nous étions intégrés, si je puis dire, à deux mille ans de piété, de don de soi et d’Évangile en action. Après l’imposition des mains et la prière d’ordination, la remise des « outils de travail » (dixit Olivier Windels, l’habituel et efficace cérémoniaire) fit d’Ignace un serviteur de « la Table » et de « la Parole » prêt à affronter les imprévus et de Dieu et de la Mission.

Soyons-en certain, il le fera le sourire aux lèvres, le rire à pleine gorge, car voilà bien les attributs naturels de son credo personnel ! En effet, Il considère le bonheur comme un devoir, où que l’on soit, peu importe ce que l’on vit et qui l’on rencontre. Point d’angélisme béat dans la démarche ! Ignace, malgré son parcours « délicat » entre son Bénin natal et notre « vieux » diocèse, veut irradier ce bonheur. Son engagement diaconal prend ici sa pleine mesure ; il sera au service de la « Bonne Nouvelle » dans toute son exceptionnelle positivité.

Oui, le vent d’automne soufflait à Nandrin. Dehors, il faisait froid. Dans l’église, la brise tiède de l’espérance agitait la promesse d’un monde nouveau, un monde de frères et de sœurs, où le « oui » au service commun est délivré de tout calcul. Ce dimanche, les célébrants et les fidèles, les amis d’Ignace et les paroissiens, ont vu cette « pierre d’angle que les bâtisseurs avaient rejetée » : elle était posée en clé de voûte d’un édifice intemporel qu’Ignace est prêt à consolider, par sa présence active, là où il sera envoyé.

Merci à lui et merci aussi à tous ceux et celles qui contribuèrent à la réussite de la célébration. Organiste, flutiste, choristes, personnel d’accueil, équipe pastorale locale, hommes et femmes de bonne volonté, Monseigneur Delville et le clergé présent, tous, nous avons fait « peuple de Dieu ».

Parce que l’un d’entre nous a osé dire « oui » à un appel capable de transcender toute peur et de « démasquer », en l’offrant au monde, ce que nous avons de meilleur en nous…

Frédéric GRÄTZ

Source: https://www.evechedeliege.be/news/un-nouveau-serviteur-souriant/

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA 106ème JOURNÉE MONDIALE DU MIGRANT ET DU RÉFUGIÉ 2020

[27 septembre 2020]

Contraints de fuir comme Jésus-Christ.
Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les déplacées internes
Au commencement de l’année, dans mon discours aux membres du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, j’ai mentionné parmi les défis du monde contemporain le drame des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays :    « Les conflits et les urgences humanitaires, aggravées par les bouleversements climatiques, augmentent le nombre des personnes déplacées et se répercutent            sur les personnes qui vivent déjà dans un état de grande pauvreté.                                       Un grand nombre de pays touchés par ces situations manquent de structures adéquates permettant de subvenir aux besoins de tous ceux qui ont été déplacés »           (9 janvier 2020).
La Section Migrants et Réfugiés du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégrala publié les « Orientations pastorales sur les Déplacées internes »       (Cité du Vatican, 5 mai 2020),
un document qui se propose d’inspirer et d’animer les actions pastorales de l’Église dans ce domaine particulier.
Pour ces raisons, j’ai décidé de dédier ce Message au drame des personnes déplacées internes,un drame souvent invisible que la crise mondiale causée par la pandémie du COVID-19 a exacerbé. De fait, par sa véhémence, sa gravité et son extension géographique, cette crise a redimensionné beaucoup d’autres urgences humanitaires qui affligent des millions de personnes,
reléguant initiatives et aides internationales, essentielles et urgentes pour sauver des vies humaines, au fin fond des agendas politiques nationaux. Or, « ce temps n’est pas le temps de l’oubli. Que la crise que nous affrontons ne nous fasse pas oublier tant d’autres urgences qui portent avec elles les souffrances de nombreuses personnes » (Message Urbi et Orbi, 12 avril 2020).
À la lumière des tragiques événements qui ont marqué l’année 2020, j’étends ce Message, dédié aux personnes déplacées internes, à tous ceux qui ont vécu et continuent de vivre des situations de précarité, d’abandon, d’exclusion et de rejet à cause du COVID-19.
Je voudrais partir de l’image qui inspira le Pape Pie XII à pour rédiger la Constitution apostolique Exsul Familia (1er août 1952).                                                   Lors de la fuite en Égypte, l’Enfant Jésus fait l’expérience, avec ses
parents, de la condition tragique de personne déplacée et de réfugié « caractérisée par la peur,l’incertitude, les désagréments (cf. Mt 2, 13-15.19-23). De nos jours, hélas, des millions de familles peuvent se reconnaître dans cette triste réalité. Presque chaque jour, la télévision et les journaux donnent des nouvelles de réfugiés qui fuient la faim, la guerre, d’autres graves dangers,à la recherche de la sécurité et d’une vie digne, pour eux-mêmes et pour leurs familles »                                            (Angélus, 29 décembre 2013). En chacun d’eux, Jésus est présent, contraint de fuir pour se sauver, comme à l’époque d’Hérode. Sur leurs visages, nous sommes appelés à reconnaître le visage du Christ affamé, assoiffé, nu, malade, étranger et prisonnier, qui nous interpelle (cf. Mt 25, 31-46). Si nous le reconnaissons, c’est nous qui le remercierons d’avoir pu le rencontrer, l’aimer et le servir.
Les personnes déplacées nous offrent cette occasion de rencontre avec le Seigneur, « même si nos yeux peinent à le reconnaître : avec les vêtements déchirés, les pieds sales, le visage déformé, le corps blessé, incapable de parler notre langue» (Homélie, 15 février 2019). Il s’agit d’un défi pastoral auquel nous sommes appelés à répondre par les quatre verbes que j’ai indiqués dans le Message de cette même Journée en 2018 : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer.                                       Je voudrais maintenant leur ajouter six paires de verbes qui correspondent à des actions très concrètes, liés entre eux dans une relation de cause à effet.
Il faut connaître pour comprendre. La connaissance est une étape nécessaire vers la
compréhension de l’autre. Jésus lui-même nous l’enseigne dans l’épisode des disciples d’Emmaüs : « Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s’approcha, et il faisait route avec eux ; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » (Lc 24, 15-16). Quand on parle de migrants et de personnes déplacées, trop souvent on s’arrête aux chiffres. Mais il ne s’agit pas de chiffres, il s’agit de personnes ! Si nous les rencontrons, nous parviendrons à les connaître. Et en connaissant leurs histoires, nous parviendrons à comprendre. Par exemple, nous pourrons comprendre que cette précarité dont
nous avons fait l’expérience dans la souffrance à cause de la pandémie est un élément constant de la vie des personnes déplacées.
Il est nécessaire de se rendre le prochain pour servir. Cela semble évident, mais souvent ça ne l’est pas. « Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié. Il s’approcha, banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l’hôtellerie et prit soin de lui » (Lc 10, 33-34). Les peurs et les préjugés – beaucoup de préjugés – nous font garder nos distances d’avec les autres et nous empêchent souvent de « nous rendre leur prochain » pour les servir avec amour. S’approcher du prochain signifie souvent être disposés à courir des risques, comme nous l’ont enseigné de nombreux médecins, infirmiers et infirmières ces derniers mois. Être proche pour servir va au-delà du pur sens du devoir ; Jésus nous en a donné l’exemple le plus grand quand il a lavé les pieds de ses disciples : il s’est dévêtu, s’est agenouillé et s’est sali les mains (cf. Jn 13, 1-15).
Pour se réconcilier il faut écouter. Dieu lui-même nous l’enseigne lorsque, en envoyant son Fils dans le monde, il a voulu écouter les gémissements de l’humanité avec des oreilles humaines : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, […] pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3, 16-17). L’amour, celui qui réconcilie et qui sauve, commence par l’écoute.                                                                   Dans le monde d’aujourd’hui, les messages se multiplient, mais on perd l’attitude de l’écoute. Or, ce n’est qu’à travers une écoute humble et attentive que nous pouvons arriver à véritablement nous réconcilier. Durant l’année 2020, pendant des semaines, le silence a régné dans nos rues. Un silence dramatique et inquiétant qui nous a toutefois fourni l’occasion d’écouter le cri des plus vulnérables, des personnes déplacées et de notre planète gravement malade. Et, en écoutant,
nous avons l’opportunité de nous réconcilier avec le prochain, avec beaucoup de ceux qui sont rejetés, avec nous-mêmes et avec Dieu, qui ne se lasse jamais de nous offrir sa miséricorde.
Pour grandir il est nécessaire de partager. Le partage a été l’un des éléments fondateurs de la première communauté chrétienne : « La multitude des croyants n’avait qu’un cœur et qu’une âme.
Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun »         (Ac 4, 32). Dieu n’a pas voulu que les ressources de notre planète ne profitent qu’à quelques-uns. Non, le Seigneur n’a pas voulu cela ! Nous devons apprendre à partager pour grandir ensemble, sans laisser personne de côté. La pandémie nous a rappelé que nous sommes tous dans le même bateau.
Nous retrouver avec des préoccupations et des craintes communes nous a démontré, une fois encore, que personne ne peut s’en sortir tout seul. Pour grandir vraiment, nous devons grandir ensemble, en partageant ce que nous avons, comme ce garçon qui offrit à Jésus cinq pains d’orge et deux poissons… Et il y en eut assez pour cinq mille personnes (cf. Jn 6, 1-15) !
Il faut impliquer pour promouvoir. C’est ce que Jésus a fait avec la Samaritaine    (cf. Jn 4, 1-30). Le Seigneur s’approche d’elle, il l’écoute, parle à son cœur pour ensuite la guider vers la vérité et la transformer en annonciatrice de la bonne nouvelle : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » (v. 29). Parfois, l’élan pour servir les autres nous empêche de voir leurs richesses. Si nous voulons vraiment promouvoir les personnes auxquelles
nous offrons assistance, nous devons les impliquer et les rendre protagonistes de leur propre relèvement. La pandémie nous a rappelé combien la coresponsabilité est essentielle et que ce n’est qu’avec la contribution de tous – même des catégories souvent sous-évaluées – qu’il est possible d’affronter la crise. Nous devons « trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de solidarité » (Méditation, place Saint-Pierre, 27 mars 2020).
Il est nécessaire de collaborer pour construire. C’est ce que l’Apôtre Paul recommande à la communauté de Corinthe : « Je vous en prie, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, ayez tous même langage ; qu’il n’y ait point parmi vous de divisions ; soyez étroitement unis dans le même esprit et dans la même pensée » (1 Co 1, 10). Construire le Royaume de Dieu est un engagement commun à tous les chrétiens et c’est pourquoi il est nécessaire que nous apprenions à collaborer, sans nous laisser tenter par les jalousies, les discordes et les divisions. Et, dans le contexte actuel, il faut réaffirmer : « Ce temps n’est pas le temps des égoïsmes, parce que le défi que nous affrontons nous unit tous et ne fait pas de différence entre les personnes » (Message Urbi et Orbi, 12 avril 2020). Pour préserver la maison commune et faire en sorte qu’elle ressemble toujours davantage au projet originel de Dieu, nous devons nous efforcer de garantir la
coopération internationale, la solidarité globale et l’engagement local, sans laisser personne en dehors.
Je voudrais conclure par une prière suggérée par l’exemple de saint Joseph, en particulier lorsqu’il fut contraint de fuir en Égypte pour sauver l’Enfant.
Père, tu as confié à saint Joseph ce que tu avais de plus précieux : l’Enfant Jésus et sa mère, pour les protéger des dangers et des menaces des mauvais.
Accorde-nous aussi de ressentir sa protection et son aide. Lui qui a éprouvé la souffrance de ceux qui fuient à cause de la haine des puissants, fais qu’il puisse réconforter et protéger tous ces frères et sœurs qui, poussés par les guerres, la pauvreté et les nécessités, quittent leur maison et leur terre pour se mettre en chemin et chercher refuge vers des lieux plus sûrs.
Aide-les, par son intercession, à avoir la force d’aller de l’avant, le réconfort dans la tristesse, le courage dans l’épreuve.
Donne à ceux qui les accueillent un peu de la tendresse de ce père juste et sage, qui a aimé Jésus comme un véritable fils et qui a soutenu Marie tout au long du chemin.
Lui, qui gagnait son pain par le travail de ses mains, puisse-t-il pourvoir aux besoins de ceux à qui la vie a tout pris, et leur donner la dignité d’un travail et la sérénité d’une maison.
Nous te le demandons par Jésus Christ, ton Fils, que saint Joseph sauva en fuyant en Égypte, et par l’intercession de la Vierge Marie, qu’il aima en époux fidèle, selon ta volonté. Amen.
Rome, Saint-Jean-de-Latran, 13 mai 2020, Mémoire de Notre-Dame de Fatima

François

LA PANDÉMIE ACCENTUE CERTAINS DÉFIS MAJEURS DE NOTRE TEMPS

 

En cette période de déconfinement et à l’approche des vacances d’été, les Évêques de Belgique ont publiés ce lundi 29 juin une nouvelle lettre pastorale et un message-vidéo sous le titre ‘Une espérance à offrir’. Les responsables de l’Église catholique de notre pays posent un regard rétrospectif sur la pandémie de coronavirus. Ils soulèvent également des questions importantes qui se posent à chacun de nous.

Tout d’abord, les Évêques soulignent combien les derniers mois ont été historiques mais aussi une épreuve à bien des égards : ‘ Bien des personnes, des familles et des communautés ont été durement atteintes, que ce soit par le deuil, la maladie, la perte d’un emploi, l’isolement. Nous pensons d’abord à elles, et tenons à leur exprimer toute notre compassion.’

Plus belle, plus fraternelle et plus sensible

Le confinement a également donné lieu à de nombreux gestes de solidarité. Beaucoup ont partagé leur temps et leurs talents. Voisins ou étrangers sont devenus proches. Les Évêques nous encouragent à poursuivre dans cette voie : ‘Ensemble, continuons à rendre nos communautés plus belles parce que plus fraternelles, plus sensibles aux blessures de chacun et aux soifs de ce monde.’

Le monde de demain sera-t-il différent de celui d’hier ? La pandémie a accentué certains défis majeurs de notre temps, sur les plans social, écologique et économique, soulignent les Évêques. Il n’y a pas de réponses toutes faites, « mais nous pouvons puiser dans notre foi et nos partages communautaires des ressources pour discerner, et pour agir aux côtés des autres individus et groupes de notre société ». 

La solidarité, l’espérance et la joie de l’Évangile

Les Évêques appellent en particulier les communautés chrétiennes à s’engager, d’un même élan, dans le cœur de Dieu et au cœur du monde. ‘ Nous y sommes envoyés par le Christ, par notre baptême. Confronté à cette pandémie, ce monde, capable de grande générosité, est aussi en proie au doute. Offrons-lui notre solidarité, notre espérance et la joie de l’Evangile.’ 

La lettre et la vidéo se terminent par un souhait : ‘Que cet été soit un temps propice pour nous reposer et nous connecter à l’essentiel. Qu’il nous offre aussi l’occasion de rechercher activement le désir que Dieu a pour chacun de nous, pour Son Église et pour notre monde.’

Vidéo pastorale et lettre des Évêques de Belgique 


(c) Photo: pexels

SIPI – Bruxelles, lundi 29 juin 2020, Fête des Saints Pierre et Paul

Le texte complet de la lettre pastorale des Évêques de Belgique en PDF:

2020-06-22 Lettre des évêques de Belgique « Une espérance à offrir »
2020-06-22 Brief der belgischen Bischöfe « Hoffnungsvoll in die Zukunft »

Les leçons du confinement

Chère lectrice, cher lecteur,     (Ralph Schmeder, responsable du Service de Presse)

Du jamais vu : entre deux et trois milliards de personnes confinées chez elles, une économie mondiale partiellement à l’arrêt, des médias dont le contenu, depuis des semaines, semble tourner autour du même spectre : le coronavirus et le Covid-19. Le printemps 2020 entrera dans les livres d’histoire comme celui où la terre a cessé de tourner… pour un moment, car nous savons que toute tempête se calme un jour et que c’est au milieu de la nuit que commence le jour nouveau.

Tous les domaines sont touchés par cette crise sanitaire globale, aussi l’Eglise catholique. Comme moi, le 27 mars dernier, vous avez pu voir le pape François seul, sous la pluie, sur la place Saint-Pierre, plongé dans la prière méditative devant la croix du Christ. Des moments saisissants… Ils témoignent de notre impuissance devant les tragédies frappant ces jours-ci d’innombrables familles qui perdent un proche à cause de cette nouvelle maladie incurable. Mais ils ont exprimé aussi cette incroyable compassion et cette confiance en Dieu dont fait preuve notre Souverain Pontife.

Dans nos villes et villages, les églises sont désertes, certaines fréquentées par quelques priants solitaires. Cette fois-ci, nous serons condamnés à vivre la semaine la plus importante de l’année liturgique « en privé ». Mais « bénies soient les moyens de communication modernes », me disait récemment l’abbesse de Brialmont, mère Marie-Pascale, en pensant à toutes les possibilités médiatiques que nous avons pour nourrir notre foi et nous associer aux chrétiens du monde entier.

Dans cette Newsletter et sur notre site http://www.evechedeliege.be, vous trouverez quelques exemples de la présence réconfortante de notre Eglise diocésaine sur le « net » : le message de fin de carême de Mgr Delville, les propositions de célébrations domestiques pour la semaine sainte par le Vicariat Annoncer l’Evangile, les invitations à suivre le triduum pascal en radio, en TV et sur internet, etc.

L’être humain, pour comprendre des événements extraordinaires, a besoin de savoir qui en est responsable. Au sujet du coronavirus, les réseaux sociaux foisonnent de réponses, les unes plus idiotes que les autres, à la question « à qui la faute » ? Aux Chinois qui veulent dominer l’économie mondiale, aux Américains qui ont laissé s’échapper un virus créé par des scientifiques dans un laboratoire, aux extraterrestres qui veulent se débarrasser du genre humain, au diable, à Dieu ? Est-ce la Terre elle-même qui s’oppose par ce moyen à toutes les brutalités dont elle souffre depuis des décennies ?

Nous aussi, catholiques, sommes parfois tentés de coller une étiquette sur ce temps de confinement en le considérant comme une « bonne leçon » pour apprendre à vivre autrement. Attention à la moralisation et à la récupération ! Ce que nous vivons actuellement est d’abord un temps d’épreuve, difficile à comprendre et à interpréter.

En même temps, ne le vivons pas comme une fatalité, une parenthèse qui se fermera bientôt, nous permettant de revenir à ce que nous appelons « la vie normale ». Toute expérience de vie est une occasion de grandir, même la plus éprouvante. Si ce confinement nous apprend une plus grande solidarité, si nous ressentons un manque d’être éloignés de la vie de nos communautés, si ce ralentissement de notre rythme habituel nous permet de retrouver la paix intérieure et une relation plus personnelle avec Dieu, on n’a plus besoin de connaître le pourquoi de cette épidémie…

Je vous souhaite, malgré le confinement, une très bonne préparation à Pâques ! Puissiez-vous aussi vous réjouir avec le Ressuscité !

Ralph Schmeder, responsable du Service de Presse

source :  Diocèse de Liège – Newsletter du mois d’avril 2020

La Speranza en Italie

La Speranza en Italie ces jours-ci, c’est le ciel d’un bleu dépollué et provocant, c’est le soleil qui brille obstinément sur les rues désertes, et qui s’introduit en riant dans ces maisonnées qui apprennent à redevenir familles.


La Speranza ce sont ces post-it anonymes par centaines qui ont commencé à couvrir les devantures fermées des magasins, pour encourager tous ces petits commerçants au futur sombre, à Bergame d’abord, puis, comme une onde d’espérance – virale elle aussi – en Lombardie, avant de gagner toute l’Italie : « Tutto andrà bene ❤ » (et comment ne pas penserà ces paroles de Jésus à Julienne de Norwich « …ma tutto sarà bene e tutto finirà bene »* ?),


La Speranza c’est la vie qui est plus forte et le printemps qui oublie de porter le deuil et la peur, et avance inexorablement, faisant verdir les arbres et chanter les oiseaux.
La Speranza ce sont tous ces professeurs exemplaires qui doivent en quelques jours s’improviser créateurs et réinventer l’école, et se plient en huit pour affronter avec courage leurs cours à préparer, les leçons online et les corrections à distance, tout en préparant le déjeuner, avec deux ou trois enfants dans les pattes.

  La Speranza, tous ces jeunes, qui après les premiers jours d’inconscience et d’insouciance, d’euphorie pour des « vacances » inespérées, retrouvent le sens de la responsabilité, et dont on découvre qu’ils savent être graves et civiques quand il le faut, sans jamais perdre créativité et sens de l’humour : et voilà que chaque soir à 18h, il y aura un flashmob pour tous… un flashmob particulier.

                         Chacun chez soi, depuis sa fenêtre… et la ville entendra résonner l’hymne italien, depuis tous les foyers, puis les autres soirs une chanson populaire, chantée à l’unisson.              Parce que les moments graves unissent.
La Speranza, tous ces parents qui redoublent d’ingéniosité et de créativité pour inventer de nouveaux jeux à faire en famille, et ces initiatives de réserver des moments « mobile-free » pour tous, pour que les écrans ne volent pas aux foyers tout ce Kairos qui leur est offert.
La Speranza – après un premier temps d’explosion des instincts les plus primaires de survie (courses frénétiques au supermarché, ruée sur les masques et désinfectants, exode dans la nuit vers le sud…) – ce sont aussi les étudiants qui, au milieu de tout ça, ont gardé calme, responsabilité et civisme… qui ont eu le courage de rester à Milan, loin de leurs familles, pour protéger leurs régions plus vulnérables, la Calabre, la Sicile… mais surtout qui résistent encore à cet autre instinct primaire de condamner et de montrer du doigt pleins de rage ou
d’envie, ceux qui n’ont pas eu la force de se voir un mois isolés, loin de leur famille, et qui ont fui.                                                                                                                              La Speranza c’est ce policier qui, lors des contrôles des « auto-certificats » et tombant sur celui d’une infirmière qui enchaîne les tours et retourne au front, s’incline devant elle, ému : « Massimo rispetto ».
Et la Speranza bien sûr, elle est toute concentrée dans cette « camicia verde » des médecins et le dévouement de tout le personnel sanitaire, qui s’épuisent dans les hôpitaux débordés, et continuent le combat. Et tous de les considérer ces jours-ci comme les véritables « anges de la Patrie ».
Mais la Speranza c’est aussi une vie qui commence au milieu de la tourmente, ma petite sœur qui, en plein naufrage de la Bourse, met au monde un petit Noé à deux pays d’ici, tandis que tout le monde se replie dans son Arche, pour la « survie », non pas des espèces cette fois-ci, mais des plus vulnérables.
Et voilà la Speranza, par-dessus tout : ce sont ces pays riches et productifs, d’une Europe que l’on croyait si facilement disposée à se débarrasser de ses vieux, que l’on pensait cynique face à l’euthanasie des plus « précaires de la santé »… les voilà ces pays qui tout d’un coup défendent la vie, les plus fragiles, les moins productifs, les « encombrants » et lourds pour le système-roi, avec le fameux problème des retraites…
Et voilà notre économie à genoux. À genoux au chevet des plus vieux et des plus vulnérables.
Tout un pays qui s’arrête, pour eux…
Et en ce Carême particulier, un plan de route nouveau : traverser le désert, prier et redécouvrir la faim eucharistique. Vivre ce que vivent des milliers de chrétiens de par le monde.


Retrouver l’émerveillement. Sortir de nos routines…
Et dans ce brouillard total, naviguer à vue, réapprendre la confiance, la vraie. S’abandonner à la Providence.
Et apprendre à s’arrêter aussi. Car il fallait un minuscule virus, invisible, dérisoire, et qui nous rit au nez, pour freiner notre course folle.
Et au bout, l’espérance de Pâques, la victoire de la vie à la fin de ce long carême, qui sera aussi explosion d’étreintes retrouvées, de gestes d’affection et d’une communion longtemps espérée, après un long jeûne.
Et l’on pourra dire avec saint François « Loué sois-Tu, ô Seigneur, pour fratello Coronavirus,
qui nous a réappris l’humilité, la valeur de la vie et la communion ! ».
Courage, n’ayez pas peur : Moi j’ai vaincu le monde! (Jn 16, 33)


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* “Il peccato è inevitabile,
ma tutto sarà bene,
e ogni sorta di cose sarà bene.
[…] Dal momento che ho trasformato in bene il danno più grande, dovete dedurre che
trasformerò in bene qualsiasi altro male, che di quello è più piccolo”.
Giuliana di Norwich, Libro delle Rivelazioni

Bataille des Ardennes – Saint Vith sous les bombes à Noël 1944

Il y a 75 ans, au moment où les chrétiens fêtaient l’Incarnation du Fils de Dieu, les habitants de la petite ville de Saint-Vith ont vécu l’enfer. Dans le cadre de la bataille des Ardennes, lors d’un bombardement intensif par les Alliés les 25 et 26 décembre, elle a été quasi rayée de la carte.

C’est le 16 décembre 1944 qu’a débuté ce qu’on a appelé plus tard la “bataille des Ardennes” ou “l’offensive Von Rundstedt”. On pense souvent que cette bataille était concentrée surtout sur la province du Luxembourg et notamment la ville de Bastogne, mais c’est oublier que notre province, et notamment le sud de la région germanophone, a souffert énormément de ce dernier sursaut de l’armée allemande.

Le 16 septembre 1944, Hitler charge un état-major restreint de préparer une offensive en Ardennes. Cette opération reçoit le nom de “Wacht am Rhein”, allusion à l’hymne “Garde au Rhin”. Objectif: franchir la Meuse au sud-ouest de Liège, couper les forces alliées du nord de leur ligne de communication et s’emparer d’Anvers, lieu stratégique par excellence.

Saint-Vith, carrefour stratégique

La ville de Saint-Vith était un carrefour vital situé à la frontière avec le Troisième Reich et le Luxembourg. Elle disposait d’une gare de triage et de réparation des chemins de fer et est également située à proximité de la trouée de Losheim, une vallée qui traverse les crêtes densément boisées de la forêt ardennaise, axe majeur de la contre-offensive allemande. Plusieurs divisions américaines sous le commandement du général Bruce C. Clarke sont assignées à la défense de la ville.

La contre-offensive allemande est contenue avec succès par les troupes américaines, ralentissant considérablement l’avancée allemande sur tout le front des Ardennes. Toutefois, le général Clarke abandonne la ville le 21 décembre et ses troupes sont redéployées plus à l’ouest pour mettre en échec les attaques allemandes.

Destruction totale

Le 23 décembre, leurs positions sont toutefois intenables et les Américains battent en retraite à l’ouest de la Salm. Les Alliés bombardent alors intensivement Saint-Vith le 25 et 26 décembre 1944. La ville a été détruite à 95 %.

Saint-Vith, ou ce qu’il en restait, est libérée définitivement le 23 janvier 1945 par la 2e division d’infanterie et la 30e division d’infanterie US. Des combats perdurent jusqu’au 1er février 1945, date à partir de laquelle les dernières troupes allemandes quittent Saint-Vith et battent en retraite. L’opération “Wacht am Rhein” s’est terminée par un échec et dès lors les Alliés pourront lancer leur campagne ultime qui mènera à la chute du Troisième Reich.

Ralph SCHMEDER

Source : https://www.evechedeliege.be/news/bataille-des-ardennes-saint-vith-sous-les-bombes-a-noel-1944/