MESSAGE DE PÂQUES DE MGR JEAN-PIERRE DELVILLE

Découvrez les œufs de Pâques, découvrez le Christ ressuscité !

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs,

Recevez mes meilleurs vœux de bonne fête de Pâques ! Malgré les limites mises à nos célébrations, nous n’oublions pas la fête de la vie. Le Christ est ressuscité !

Pâques, c’est chercher et découvrir Jésus. C’est comme les œufs de Pâques : on doit les chercher dans le jardin et les découvrir car ils sont cachés ! Dans l’évangile de la Vigile pascale selon saint Marc (16,1-7), nous lisons que trois femmes, amies de Jésus, se rendent à son tombeau après sa mort, pour soigner son corps : Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé. Elles y voient un jeune homme vêtu de blanc, qui leur dit : « Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié ? »

Cette parole me fait réfléchir : les femmes en effet cherchent Jésus. Nous aussi nous sommes invités à chercher Jésus. Dans chacune de nos vies, il y a des questions, des doutes, des recherches. Nous sommes parfois dans la difficulté à cause de problèmes dans nos familles ou au travail, à cause des problèmes de notre société et des peurs que nous vivons. Cette année, en outre, nous sommes frappés par la pandémie du Covid. Ces trois femmes aussi étaient frappées par la souffrance : on avait exécuté injustement leur meilleur ami, Jésus. Mais elles le cherchent quand même, elles vont jusqu’à son tombeau ! Alors, nous aussi, osons chercher Jésus dans notre vie ; n’oublions pas son message et sa force de vie.

Le jeune homme assis au tombeau de Jésus dit encore aux femmes : « Jésus est ressuscité ! Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez comme il vous l’a dit ». Jésus est donc vivant, mais on ne le voit pas en direct. « Il nous précède en Galilée ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela signifie que Jésus donne à chacune de nos vies une deuxième chance, une nouvelle occasion de le découvrir. La Galilée, c’est une région de frontière et de périphérie. Cela veut dire qu’on découvre Jésus dans les périphéries de notre monde. Nous découvrons Jésus quand nous sommes attentifs aux pauvres, aux malades, à ceux qui sont dans le besoin. Nous découvrons Jésus quand nous reconnaissons notre faiblesse et que nous recherchons une lumière et une force pour notre vie.

La Galilée, c’est aussi le lieu de l’enfance de Jésus, de son premier ministère public et de ses premiers disciples. Elle nous fait penser à notre lieu d’enfance, à notre village ou notre ville, avec nos parents, notre famille, notre histoire, notre culture. Jésus veut nous retrouver dans notre Galilée, c’est-à-dire dans le lieu que nous aimons. C’est pourquoi cette année, toutes les cloches sonneront à midi le jour de Pâques pour fêter la résurrection du Christ et faire participer à la fête ceux et celles qui n’auront pu se rendre à une célébration.

Jésus nous donne même une Galilée nouvelle, un nouveau lieu de communion, dans nos communautés de foi chrétienne ; il est présent quand nous vivons une vraie réalité d’amitié sociale et de solidarité. Jésus est une présence réelle dans notre vie, une force réelle, un souffle de renouveau et d’espérance.

Remercions-le d’être là pour nourrir nos vies et nous donner l’espérance ! Unissons-nous en communauté pour contrer l’individualisme de notre société et la logique du « chacun pour soi » ! Et témoignons de lui, autour de nous, avec joie ! Alléluia !

† Jean-Pierre DELVILLE, évêque de Liège

Osterbotschaft 2021

Veilleur, où donc en est la nuit ?

Message de carême, en ce temps de crise sanitaire
Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Chers Frères et Sœurs,
« Veilleur, où en est la nuit ? Veilleur, où donc en est la nuit ? » Telle est la voix que le prophète Isaïe a entendue autrefois, en période de détresse (Is 21,11-17). Elle retentit aussi ànos oreilles. Combien de temps notre crise sanitaire va-t-elle durer ? Nous venons tous les jours aux nouvelles. Comme au temps d’Isaïe : « Le veilleur répond : ‘Le matin vient, et puis encore la nuit… Si vous voulez des nouvelles, interrogez, revenez’. » Alors le prophète invite à la solidarité : « Allez à la rencontre de l’assoiffé, portez-lui de l’eau, accueillez le fugitif avec du pain ».  Et il prophétise la victoire sur l’ennemi : il ouvre la voie à l’espérance.

Nous aussi nous vivons une nuit, malgré le beau soleil du printemps. Le raz-de-marée mondial de l’épidémie de Coronavirus envahit notre quotidien et nos média Que reste-t-il de notre vie et de nos projets ? Que faisons-nous de nos journées, seuls ou en famille ? Comment nous organiser à nouveaux frais, face aux difficultés de déplacement et face au chômage professionnel ? Comment vivre la Semaine Sainte et le temps pascal dans ces circonstances ?                                                                                                                                                                                                                     La peur de l’ennemi invisible                                                                                                                                                                                                                              D’abord,  on est frappé par la peur : la peur pour soi-même et sa santé ; la peur pour les autres et pour nos proches ; puis la peur des autres, qui pourraient nous contaminer ; et la peur pour notre avenir dans cette situation de paralysie sociale. Chacun est frappé d’une façon ou d’une autre : dans son travail, dans sa maison, dans sa santé, dans son moral, dans ses relations. Le virus est arrivé, c’est un ennemi invisible et nous cherchons à nous protéger. Nous sommes plus isolés que d’habitude et devons nous débrouiller pour beaucoup de choses ; nous devons aussi prendre des décisions, nous devons nous organiser, nous devons nous donner des consignes pour changer notre style de vie. On dirait que l’histoire s’est arrêtée et qu’il n’y a plus qu’une seule info sur les médias : le coronavirus. Les projets sont mis en veilleuse et rangés au fond des tiroirs. Les rendez-vous qui scandaient le cours du temps sont supprimés, les réunions sont reportées. Le risque est alors de nous replier sur nous-mêmes et sur nos problèmes, sur notre santé et sur nos proches.

Le besoin de solidarité

Pourtant, si le coronavirus nous a appris une chose, c’est à nous rapprocher affectivement les uns des autres. En étant séparés physiquement, nous découvrons que nous sommes appelés à être proches humainement. Nous découvrons de nouveaux moyens techniques pour nous contacter. Nous sommes dans l’action de grâces et l’admiration pour nos soignants et nos gouvernants. Nous ressentons mieux la nécessité du rapport écologique à la création. Nous nous sentons plus proches de tous ceux qui souffrent dans le monde. Nous découvrons notre
destin commun. Jamais plus, le monde ne sera comme avant.                                        Il devra être plus solidaire.
Une deuxième chose que nous avons découverte, c’est notre fragilité : il suffit d’un petit virus pour que toute la société soit arrêtée et se trouve en grave crise économique et sociale. Tous sont touchés, du plus pauvre au plus puissant. Subitement, les scènes de détresse ne sont plus l’apanage des pays pauvres, mais aussi des pays riches. Cette crise nous pousse à redécouvrir nos vraies valeurs : le sens de la relation sociale, le sens de la sobriété, le sens de la spiritualité et de la foi.

Jésus face à la mort de son ami Lazare

Dans l’évangile de ce 5e dimanche de carême, 29 mars 2020, nous découvrons Jésus qui pleure près de son ami Lazare, décédé inopinément (Jn 11,1-45). Jésus encaisse la souffrance due à la mort de son ami et à la tristesse de ses sœurs. Cela nous fait penser à ceux qui sont décédés récemment, du coronavirus ou d’une autre affection. Nous les portons dans notre cœur, à commencer par l’abbé Lech Walaszczik, curé de Chênée-Angleur-Vennes, décédé d’un infarctus, qui était aimé de tous. C’est après avoir traversé cette épreuve de confrontation à la mort que Jésus rendra la vie à Lazare. La résurrection a nécessité une incubation. Ainsi la souffrance due au coronavirus est-elle pour nous un temps d’incubation spirituelle, un temps de recueillement, qui nous donnera des énergies vitales pour construire le futur. Il nous concentre sur notre propre énergie spirituelle pour que celle-ci nous permette de réagir, de survivre et de nous engager de manière renouvelée. Ainsi nous vivrons notre Pâques comme une vraie mort à nous-mêmes et à notre orgueil, pour recevoir du Christ la vie véritable, qui a une valeur éternelle.

S’engager pour les pauvres

N’oublions pas ceux qui souffrent plus que nous, en particulier ceux d’Haïti, à qui nous consacrons notre carême de partage ! Entraide et Fraternité, l’ONG de solidarité de l’Église catholique, a centré son attention sur la situation en Haïti. Cette île très pauvre, frappée par un terrible tremblement de terre il y a dix ans, n’a pas encore pu être reconstruite ; sa cathédrale à moitié détruite est devenue un symbole de pauvreté, mais aussi de foi ! Des groupements dynamiques relancent l’agriculture dans le respect de la nature et de l’écologie. Ce sont des associations porteuses d’avenir que nous voulons aider durant ce carême de partage. Pour un
euro que vous donnerez, la population locale en recevra cinq via le projet qui a été reconnu par les autorités belges.                                                                                     Donc, ne négligez pas la collecte du carême de partage, le dimanche des Rameaux  faites un don par virement bancaire au compte BE68 0000 0000 3434
d’Entraide et Fraternité, 32 rue du Gouvernement Provisoire, 1000 Bruxelles, avec la mention « 6573 Carême de partage » ou sur le site internet http://www.entraide.be/don.

Consignes de prière

Ce vendredi 27 mars à 18 h, le pape François nous convie à une prière œcuménique en mondovision ! Associez-vous à cette prière par votre TV et vos autre médias.

Dès ce samedi 28 mars, vous trouverez sur le site du vicariat Annoncer l’évangile
(https://annoncerlevangile.be), trois propositions de prière à domicile pour les jeudi saint, vendredi saint et samedi saint, dans une version avec enfants et dans une version pour adultes seuls. Diffusez-les et utilisez-les !

Pendant les jours de la Semaine Sainte, les églises demeurées ouvertes peuvent être décorées d’une façon qui évoque la liturgie du jour, avec des fleurs, des textes et des objets symboliques.

Dimanche des Rameaux et de passion, 5 avril, conformément au document de la Conférence épiscopale envoyé ce lundi 23 mars à 16.46 h. par e-mail, il faut éviter toute célébration publique. Mais les rameaux cueillis par les fidèles et apportés dans leurs maisons seront considérés comme bénis, par association spirituelle aux offices célébrés en privé et diffusés par les médias. Les rameaux bénis par les prêtres dans les célébrations privées ne pourront
être disponibles qu’après le confinement.

La messe chrismale prévue pour le 8 avril est reportée à une date ultérieure.

N’oubliez pas de vous associer aux applaudissements des gens en remerciement au personnel soignant tous les soirs à 20 h. Les cloches des églises peuvent sonner à ce moment, c’est encourageant pour tous.

Les mariages reportés à date ultérieure pourront être programmés mêmes les dimanches et jours de fête, à titre exceptionnel.

Les funérailles doivent se dérouler en plein air, même dans des endroits différents des cimetières, mais avec quinze personnes maximum et en tenant les distances voulues.

Vu ces circonstances et en concertation avec les autres diocèses wallons, je vous prie de ne plus demander d’offrande de casuel à l’occasion de funérailles. Les fidèles sont évidemment libres de faire spontanément un don, qui dans ce cas reviendra à l’ASBL d’Unité Pastorale, ou, à son défaut, à la caisse d’UP, moyennant le défraiement de frais éventuels.

Concernant la transmission des comptes de Conseil de fabrique, ceux-ci peuvent être envoyés au Vicariat du temporel (Service des fabriques d’église) par la poste, soit être déposés à l’accueil du bâtiment « Espace Prémontrés » (40, rue des Prémontrés). Si aucune de ces deux voies n’est possible, pour des raison de santé, de sécurité, ou de confinement, un
fabricien peut envoyer un mail au Vicaire épiscopal (e.debeukelaer@catho.be) expliquant cela. Dans ce cas, l’étude des comptes attendra le moment propice.

La diffusion des offices liturgiques par les moyens de communications divers est valorisée et conseillée (RCF, YouTube, Facebook, KTO, etc.). RCF (sur FM 93.8) diffuse en semaine la célébration de la messe à 19 h. Celle du vendredi est une célébration œcuménique. Celle du vendredi 3 avril sera interreligieuse et sera assurée par le rabbin Joshuah NEJMAN, l’iman Franck HENSCH et moi-même. Le samedi à 17 h. a lieu l’eucharistie dominicale.

Le message d’espérance

« Écoutez la voix des guetteurs : ils élèvent la voix, tous ensemble ils crient de joie car, de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à Sion » (Is 52,8).

Le mal n’aura pas le dernier mot, la peur ne triomphera pas, l’amour l’emportera. Comme nous le disons à chaque eucharistie :

Délivre-nous de tout mal, Seigneur,
et donne la paix à notre temps ;
par ta miséricorde, libère-nous du péché,
rassure-nous devant les épreuves
en cette vie où nous espérons
le bonheur que tu promets
et l’avènement de Jésus Christ,
notre Sauveur.

Bonne fin de carême à tous !
Liège, 26 mars 2020
Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

LE CARÊME : GROSSESSE ET ACCOUCHEMENT SPIRITUELS

A l’occasion du Mercredi des Cendres et du début du Carême ce 26 février 2020, notre évêque, Mgr Jean-Pierre Delville, invite tous les chrétiens du diocèse de Liège à lire son message de Carême.

Message de carême, 25 février 2020

LE CARÊME : GROSSESSE ET ACCOUCHEMENT SPIRITUELS

Chers Frères et Sœurs,

Préparons-nous à vivre intensément nos quarante jours de carême ! Découvrons le sens de ce temps de mise à l’épreuve ! Préparons-nous, par la conversion personnelle, à recevoir la nouvelle naissance que le Christ nous donne !

Quarante : un symbole étonnant

Voici quarante jours particuliers qui se présentent à nous : « carême » signifie « quarantième » (« quadragesima », en latin).

Quarante jours en mémoire des quarante jours passés par le Christ au désert (Mt 4,1-11).

Quarante jours en mémoire des quarante ans passés par le peuple d’Israël au désert, dans son exode de l’Égypte vers la Terre Promise (Ex 3,7-10).

Quarante jours comme les quarante semaines de grossesse d’une femme qui attend son enfant. Comme me l’expliquait un médecin, on parle de neuf mois pour une grossesse, mais en fait on devrait parler de dix mois lunaires ou de quarante semaines !

Anton Jauregui (unsplash.com)

Quarante semaines pour un accouchement ! Quarante jours pour une résurrection ! Ainsi le carême ressemble-t-il à une grossesse, et la résurrection à un accouchement. Il est un symbole étonnant ! Comme la grossesse, le carême est un moment qui met le corps à l’épreuve, un moment qui développe la vie, un moment qui construit des relations nouvelles, un moment qui débouche sur l’accouchement, sur la lumière, sur la résurrection. Ainsi, notre carême est-il ancré dans le microcosme (c’est-à-dire le corps humain).

L’accouchement spirituel

Et voici comment il est ancré dans le macrocosme (c’est-à-dire l’univers). Si une grossesse comprend dix lunes, le carême comprend une lune et demie. Il commence par une nuit sans lune, à proximité du mercredi des cendres, pour aboutir à la pleine lune de Pâques, autour du jeudi saint, jour de la Pâque juive. Le carême nous fait passer des ténèbres à la lumière. Il nous associe à la passion du Christ, à sa mort et à sa résurrection.

C’est le chemin qui est proposé aux catéchumènes qui se préparent au baptême. C’est pourquoi, en cette année liturgique A, on lit les grands récits de l’évangile de Jean relatant des rencontres de Jésus qui suscitent une résurrection : la Samaritaine, l’aveugle-né et Lazare. Dans notre Église, ces textes sont appliqués spécialement au cheminement des catéchumènes qui se préparent au baptême. Comme la Samaritaine, les catéchumènes sont appelés à vivre une conversion ; comme l’aveugle-né, ils sont appelés à vivre une illumination ; comme Lazare, ils sont appelés à vivre une résurrection. Ainsi les catéchumènes vivent-ils une grossesse et un accouchement spirituels.

La conversion ou la grossesse spirituelle

Vivre cette grossesse comme une gestation en vue d’un accouchement spirituel, c’est un chemin de conversion, c’est le chemin qui nous est proposé personnellement durant ce carême, pour aboutir à une nouvelle vie, une nouvelle naissance. À notre tour, nous sommes appelés à vivre une conversion de notre cœur et une résurrection dans notre vie. À tout âge, on peut se convertir ! Il n’est jamais trop tard. Le mercredi des cendres nous donne l’occasion de cette conversion. Il nous invite à nous convertir par la prière, par le jeûne et par le partage (Mt 6,1-6.16-18).

Prière, jeûne et partage

Quelle prière ? J’aimerais que, cette année, vous puissiez prier en écho à ma lettre pastorale : « Va vers le pays que je te montrerai ! » Méditez ce texte de la Bible (Gn 12,1). Il est un support à la communication de la foi. Je vous invite à me donner écho à cette lettre, en répondant aux questions qui y sont jointes. Vous pouvez aussi réagir en me communiquant un fait, un sentiment ou un projet en lien avec cette lettre et son invitation à la mission (secretariat.mgrdelville@evechedeliege.be). La prière vous donnera la joie de vous rapprocher de Dieu et de vos frères et sœurs.

Quel jeûne ? Un confirmand me demandait récemment : « Pendant le carême, on doit ‘manger maigre’ ; cela veut dire quoi : ‘manger maigre’ ? Je voudrais bien le faire ! » J’étais étonné de la question et j’ai essayé de bien y répondre, en recommandant l’abstinence le vendredi, en union avec les souffrances du Christ. Donc je recommande à tous l’abstinence et le jeûne le vendredi, en union avec le Christ qui a jeûné au désert. Je rappelle aux adultes l’obligation du jeûne le mercredi des cendres (26 février) et le vendredi saint (10 avril). C’est comme la démarche de la femme qui surveille son régime durant sa grossesse. En cette époque sensible à l’écologie, le jeûne prend une dimension nouvelle : celle du respect de la création et de la promotion de la sobriété de vie.

Quel partage ? Le partage est une façon concrète de créer la solidarité et l’amour du prochain dans notre vie. Cette année notre Carême de partage sera centré sur Haïti. La situation dans cette île est particulièrement pénible et difficile. Suite au tremblement de terre de 2010 le pays a été détruit et il ne s’est pas encore relevé de ses ruines. Entraide et Fraternité a repéré des projets de reconstruction de Haïti qui sont porteurs d’avenir et acteurs de solidarité. Ce sont ces projets-là que nous soutiendrons par nos collectes de carême. Ainsi nous ne serons plus centrés sur nous-mêmes, mais unis à toute l’humanité, dans une communion mystérieuse qui intègre la souffrance, la mort et la résurrection.

En ce carême, branchons notre cœur en Dieu et en nos frères et sœurs ; vivons une conversion, en communion avec les catéchumènes qui vont recevoir le baptême ; soyons prêts à recevoir la grâce de la résurrection du Christ dans chacune de nos vies, en priant pour le salut de toute l’humanité. Que cette gestation nous conduise à la résurrection !

Bon carême à tous !

† Jean-Pierre Delville, votre évêque

RÉTROSPECTIVE RELIGIEUSE – L’ANNÉE 2019 VUE PAR MGR DELVILLE

En l’an 2019, dans la sixième (et septième) année de l’épiscopat de Mgr Jean-Pierre Delville, l’Eglise de notre diocèse a fait preuve d’une belle vitalité. Nous avons rencontré l’évêque de Liège pour un bilan personnel.

Mot de l’évêque ; un avent centré sur le « nous »

Un avent centré sur le « nous »

Chers Frères et Sœurs,

Toussaint ou l’espérance

En ce mois de novembre, en ces jours de Toussaint et de Commémoration des défunts, où nous évoquons nos défunts et où nous nous rappelons notre condition mortelle, la foi chrétienne nous invite à l’espérance. Elle nous invite à croire à la résurrection des morts et à la vie éternelle. C’est pourquoi nous prions pour les défunts, nous célébrons des messes à leur intention, nous entourons de respect les défunts, nous assistons les mourants et nous accompagnons les familles en deuil. Dans une société où tout se fonctionnarise, cela pourrait paraître peu fonctionnel, peu utile. Et cependant, c’est très apprécié par les familles en deuil, par le personnel des hôpitaux et celui des maisons de repos et de soin. C’est dans cette ligne que les évêques de Belgique ont publié en juin leur lettre pastorale Je te prends par la main. Ils soulignent l’importance d’accompagner les mourants, tout en évitant d’assister à des euthanasies ou de sacraliser celles-ci par une prière.

La mission vers les périphéries

L’accompagnement des malades correspond à une mission aux périphéries de notre monde. Cette mission, je l’ai recommandée dans ma lettre pastorale d’octobre, le « mois extraordinaire de la mission universelle ». Je l’ai intitulée Va vers le pays que je te montrerai ! C’est une Parole de Dieu adressées à Abraham (Gn 12,1). Elle nous engage aujourd’hui à découvrir le monde avec des yeux nouveaux et à témoigner avec des mots nouveaux. Il s’agit aussi d’abandonner des choses devenues inutiles ou secondaires et de découvrir ce qui est utile et urgent. Il faut donc se mettre en état de mission, en particulier par l’amitié et par la prière ; pour cela il est précieux de constituer des groupes de prière autour de la Parole de Dieu, pour progresser dans la foi et inviter de nouvelles personnes.

Journée mondiale des Pauvres : La Vierge des Pauvres au Vatican

Cette année, le pape François nous fait l’honneur de placer une statue de la Vierge des Pauvres, Notre-Dame de Banneux, sur l’autel de la basilique Saint-Pierre pendant la messe qu’il présidera pour la Journée mondiale des Pauvres, dimanche 17 novembre, et il m’invite à concélébrer avec lui. Dans cette optique, j’invite chaque paroisse à avoir une attention spéciale pour les pauvres ce jour-là dans la liturgie et dans l’accueil.

Un avent pour dire « nous »

L’avent nous donne l’occasion d’être des témoins du Christ. On prépare Noël, on fait des crèches pour l’enfant Jésus, on est ému et intrigué par la naissance d’un Dieu enfant. Ainsi on est sensible à la situation des démunis de notre société. Cela nous stimule à soutenir les organisations qui luttent contre la pauvreté. L’Action « Vivre Ensemble » coordonne ces projets de lutte contre l’exclusion, elle contribue à leur financement et elle favorise l’insertion des plus démunis dans notre société. Elle nous invite cette année à « dire nous », c’est-à-dire à être sensibles à la dimension communautaire du « nous », et pas seulement à nos besoins individuels. Quant au dimanche de la Parole de Dieu, le pape vient de le fixer au 3e dimanche ordinaire (26 janvier 2020) et il ne sera plus fêté le premier dimanche de l’Avent.

Noël, cœur du mystère humain et chrétien

En fin d’année, nous fêterons Noël, la naissance de Jésus. Cette fête nous plonge au cœur du mystère de la vie. Beaucoup de gens dans le monde et dans notre société seront sensibles à cette dimension. C’est l’occasion de réfléchir avec eux et de dire notre foi. C’est aussi la fête de la grâce, la fête du premier pas que Dieu fait dans notre monde et dans notre vie. Il vient dans la pauvreté et dans la discrétion. On va le représenter dans de nombreuses crèches, construites et exposées à beaucoup d’endroits. Mais surtout accueillons Jésus dans la crèche de nos vies et dans l’amitié avec les pauvres ! Fêtons donc dans la joie et dans l’accueil mutuel cette fête qui parle au cœur de chacun !

+ Jean-Pierre Delville, votre évêque